| Les membranes biologiques sont des structures fluides d'une épaisseur de 5 à 8 nm, constituées de 3 types de constituants : des lipides, des protéines et des sucres. |
Cette composition globale simple reflète en fait une très grande complexité. La classe des lipides, par exemple, est extrêmement variée et les propriétés physico-chimiques de la membrane, sa fluidité, son adaptabilité aux changements environnementaux reposent en grande partie sur cette diversité moléculaire. Chez E.Coli par exemple, on trouve jusqu'à 100 entités chimiques différentes de phospholipides. La diversité chimique provient essentiellement de la nature différente des groupes acyl qui estérifient le glycérol. Chez un organisme eucaryote, le nombre de phospholipides différents pourraient être 10 fois plus important que chez un procaryote.
Une caractéristique générale des membranes est leur nature amphiphatique (amphiphile): une couche centrale hydrophobe (non polaire) est prise en sandwich entre deux couches hydrophiles (polaires).
| L'organisation en bicouche et la nature amphiphatique (hydrophile
en surface et hydrophobe à l'intérieur) sont révélées
par analyse des profils électroniques obtenus par diffraction aux
rayons X , par exemple d'une gaine de myéline. La myéline est une structure très organisée constituée un empilement de membranes qui est dû à l'enroulement d'une cellule de Schwann ou d'oligodendrocytes autour d'un axone. |
La structure de base de la membrane est une bicouche de lipides amphiphiles. Il apparaît quelque fois des zones de rupture de la bicouche (organisation hexagonale ou même micelles) mais ces zones sont de faible importance.
La quantité de lipides s'exprime par comparaison avec la quantité de protéines. Le rapport "masse de protéines / masse de lipides" est souvent supérieur à 1. Il sera d'autant plus élevé que la membrane a une importante activité enzymatique.
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Animaux
|
proteines/ lipides | |
| myéline | 0.25 | |
| érythrocytes | 1.1 | |
| membrane interne mitochondriale | 3.6 | |
| membrane externe mitochondriale | 1.2 | |
| Plantes | ||
| plasmalemme | 0.9 | |
| chloroplastes | 1.9 | |
| Saccharomyces | ||
| membrane plasmique | 1.2 | |
Les lipides sont classés en 4 classes : (1)acides gras libres, (2) esters d'acides gras, triacylglycérol et phospholipides, (3)composés isoprénoïdes cycliques (stérols, esters des stérols) ou linéaires (ubiquinones, menaquinones, dolichol et farnésol), (4) glycolipides.
Les phospholipides sont les constituants majoritaires de toutes les membranes. Ils représentent souvent plus de 50% de la masse lipidique. Les stérols et les glycolipides sont en général concentrés dans la membrane plasmique des cellules animales. Les glycolipides sont particulièrement abondants dans les membranes des chloroplastes.
| Membrane |
Phospholipides |
Glycolipides
(% de la masse) |
Stérols |
|
| Mammifères | ||||
| Plasmalemme |
50-60
|
5-17
|
15-22
|
|
| Reticulum endoplasmique |
70-80
|
<5
|
5-10
|
|
| Mitochondrie (membrane interne) |
80-90
|
<5
|
<5
|
|
| Mitochondrie (membrane externe) |
80-90
|
<5
|
5-8
|
|
| Lysosome |
70-80
|
5-10
|
10-15
|
|
| Membrane nucléaire |
85-90
|
<5
|
10-15
|
|
| Golgi |
85-90
|
<5
|
5-10
|
|
| Peroxisome |
90-95
|
<5
|
<5
|
|
| Myéline |
50-60
|
15-20
|
20-25
|
|
| Erythrocyte |
70-80
|
5-10
|
20-25
|
|
| Plantes | ||||
| Plasmalemme |
30-65
|
10-20
|
25-50
|
|
| Mitochondrie |
90-95
|
<5
|
<5
|
|
| Chloroplaste (enveloppe) |
20-30
|
65-80
|
<5
|
|
| Chloroplaste (thylacoïde) |
35-45
|
50-70
|
<5
|
|
| Reticulum endoplasmique |
70-80
|
5-15
|
10-20
|
|
| Bactéries | ||||
| Membrane plasmique |
50-90
|
10-50
|
Aucun
|
|
Parmi les phospholipides, on trouve 2 classes de constituants : les glycérophospholipides et les sphingolipides.
Les glycérophospholipides (dérivés
du diacylglycerol-3-phosphate) sont, de loin, les plus abondants.
Les plus importants des glycérophospholipides sont : la phosphatidylcholine
(PC), la phosphatidyléthanolamine (PE), la phosphatidylsérine
(PS), le phsphatidylinositol (PI), le phosphatidylglycérol (PG), diphosphatidylglycérol
(DPG).
| Les lysoglycérophospholipides (la fonction ester en position sn-1 ou sn-2 est hydrolysée) sont peu abondants. Seulement 1 à 3% de la phosphatidylcholine et phosphatidyléthanolamine dans les membranes cellulaires des mammifères sont présentes sous forme lyso. |
| Dans les plasmalogènes (lipides éther), la fonction acyl en sn-1 est remplacée par une fonction éther. Ils sont normalement en faible quantité (1 à 5% des lipides totaux). Cependant dans certaines membranes (dans le reticulum sarcoplasmique et chez certaines bactéries) ils sont des représentants majeurs des lipides. |
|
La sphingomyéline (SM) est un phospholipide présent seulement chez les mammifères. Elle dérive de la sphingosine. Dans la sphingomyéline, il n'y a qu'un seul groupe acyl variable et il est lié à une fonction amine de la sphingosine. L'acylsphingosine obtenue s'appelle une céramide. |
|
Les acides gras qui estérifient le glycérol dans les phospholipides peuvent être extrêmement variés mais ils ont des propriétés largement partagées :
|
|
Dans la membrane plasmique de foie de rat ou dans la membrane d'érythrocytes humains (valeur entre parenthèses), on trouve des résidus acyl allant de 16 à 24 atomes de carbone.
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Acide gras
|
% des acides gras totaux pour chaque phospholipide
|
||||
|
PC
|
PE
|
PI
|
PS
|
SM
|
|
|
16:0
|
32 (37)
|
30 (23)
|
30
|
(8)
|
36 (35)
|
|
16:1
|
3 (2)
|
1 (2)
|
8
|
(2)
|
4 (2)
|
|
18:0
|
35 (13)
|
31 (13)
|
36
|
(37)
|
25 (13)
|
|
18:1
|
10 (23)
|
10 (15)
|
13
|
(14)
|
2 (3)
|
|
18:2
|
8 (16)
|
6 (7)
|
2
|
(3)
|
1 (3)
|
|
20:0
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
|
20:3
|
-
|
1 (1)
|
-
|
-
|
-
|
|
20:4
|
8 (8)
|
16 (23)
|
8
|
(23)
|
18 (-)
|
|
22:6
|
1 (-)
|
3 (2)
|
-
|
(2)
|
-
|
|
24:0
|
-
|
- (2)
|
-
|
(2)
|
- (20)
|
|
24:1
|
-
|
- (2)
|
-
|
(2)
|
- (15)
|
Composés isoprénoïdes
Les stérols
| La quantité de stérols membranaires est très variable chez les mammifères : absence totale dans la membrane mitochondriale alors que le rapport Cholestérol / Phospholipides approche 1 dans la myéline |
Le cholestérol est toujours présent dans les membranes sous forme libre, non estérifiée. Les esters du cholestérol ne sont pas des composé amphiphiles et ne peuvent donc pas s'insérer de manière stable dans une membrane. |
| Les plantes contiennent du stigmastérol ou du sitostérol à la place du cholestérol. |
Les
composés isoprénoïdes linéaires
Certains lipides polyisoprénoïdes comme les ubiquinones et les ménaquinones sont présents dans les membranes qui assurent un transfert d'électrons. Ce sont, en général, des molécules longues : le coenzyme Q10 a, par exemple, 10 unités isoprènoïde avec 5 atomes de carbone chacune, ce qui lui donne une dimension supérieure à l'épaisseur de la bicouche. L'association de ces composés aux bicouches est mal connue.
| Un autre composé polyisoprénoïde linéaire important est le dolichol (et dolichol phosphate). Il est présent dans la membrane du reticulum endoplasmique où il participe à la glycosylation des protéines. |
| Le farnésol et le geranyl-geranol sont fixés par covalence à des protéines membranaires et ils permettent leur ancrage dans la bicouche. |
Les protéines membranaires sont classées
en 2 catégories sur la base de la technique utilisée pour les
solubiliser (les extraire de la membrane).
On distingue :
|
|
|
Cependant, le fait que certaines protéines soient accrochées à la membrane grâce à la médiation d'un lipide isoprénoïde (farnésyl ou géranyl-géranyl) rend la distinction entre intrinsèque et extrinsèque moins évidente. En effet, la protéine elle-même est bien périphérique mais comme elle est liée covalemment au lipide d'ancrage (protéolipide), elle ne peut pas être détachée en jouant sur le pH ou la force ionique.
Les protéines périphériques
Ce sont des protéines globulaires qui sont associées
à d'autres protéines membranaires ou à la partie polaire
des phospholipides membranaires par leur propre partie polaire.
Leur rôle est structural ou fonctionnel. Elles peuvent par exemple servir
d'intermédiare entre 2 protéines intégrales ou entre une
protéine intégrale et le cytosquelette.
Le cytochrome c est un bon exemple de protéine périphérique. C'est le seul transporteur d'électrons de la chaîne respiratoire mitochondriale qui ne soit pas intégré à la bicouche. Il sert de navette entre le complexe III et la cytochrome oxidase.
Les protéines intrinsèques
| Pratiquement toutes les protéines intrinsèques traversent la membrane. Ce sont des protéines amphiphatiques : la zone médiane est riche en amino-acides hydrophobes. C'est la partie de la protéine qui est incluse dans la bicouche. Les segments transmembranaires sont, dans la majorité des cas, dans une conformation en hélices alpha. Les domaines extramembranaires cytoplasmique et extracellulaire (plus hydrophiles) peuvent être volumineux, jusqu'à 500 à 600 résidus. En général, l'extrémité N-terminale de la protéine est dans la partie extracellulaire (vers l'extérieur). |
Les protéolipides (protéines ancrées dans la membrane par l'intermédiare d'un lipide)
Ces protéines sont extérieures à la bicouche mais ancrées dans la partie lipidique par l'intermédiare d'un lipide comme le farnésol, les acides myristique ou palmitique ou encore, dans des cas assez fréquents, par une liaison avec un glycophosphatidylinositol (GPI). En fait, les 2 types d'ancrage lipidique se distinguent en fonction de la localisation de la protéine. La fixation au GPI se trouve essentiellement sur la face externe de la membrane plasmique. L'autre groupe de protéines, associées à des lipides à longue chaîne est localisé sur la face interne de la membrane plasmique.
Ce sont des courtes chaînes glucidiques, souvent branchées, qui sont liées covalemment à des protéines ou à des lipides. Chez les eucaryotes, les chaînes oligosaccharidiques sont uniquement présentes sur la face externe de la membrane plasmique.
Les glycolipides
Ce sont des molécules amphiphatiques qui dérivent soit du diacylglycérol, soit de la N-acylsphingosine. Les dérivés du diacylglycérol sont abondants dans les membranes de plantes (mono et digalactosyl diacylglycérols) et de bactéries mais très rares dans les membranes animales.
Les glycosphingolipides n'existent que dans les membranes animales. Les séquences oligosaccharidiques possibles sont multiples. |
|
Les glycoprotéines
| Elles sont présentes dans la membrane plasmique et leur chaîne oligosaccharidique est orientée vers l'espace extracellulaire. La glycosylation intervient pricipalement au niveau de l'asparagine (liaison N-glycosidique) ou plus rarement avec le OH de la sérine et de la thréonine (liaison O-glycosidique). La glycosylation se fait souvent sur plusieurs sites de la protéine. Le nombre de résidus glycosidiques est limité (7 à 18 résidus) |
Les protéoglycannes
Contrairement aux glycoprotéines, les protéoglycannes se caractérisent par des longues chaînes glycosidiques (40 à 100 résidus) liés à une protéine par une sérine ou une asparagine. |
.
| La nature amphiphatique des constituants de la membrane et leur diversité entraînent l'intervention de forces variées pour expliquer les interactions moléculaires qui font que la membrane est un système solide et relativement imperméable bien que fluide. Cependant, toutes les interaction sont fondamentalement de nature électrostatique. |
Elles s'appliquent aux ions en solution. Elles sont, dans les membranes, à l'origine de l'augmentation de cohésion des phospholipides par les cations divalents. Ceux-ci sont associés aux têtes polaires chargées négativement des phospholipides acides.
Un dpiôle est un système constitué par 2 charges (q) opposées séparées par une distance d. Le moment dipolaire est q x d ; il s'exprime en Coulombs. mètre. L'unité courante est le Debye (1/3 10 -29 C.m). Les forces qui ont pour origine un dipôle sont directionnelles. Elles jouent un rôle primordial dans les phénomènes d'hydratation des ions en solution.
Dans de nombreuses molécules, la répartition
des charges est dissymétrique, ce qui confère à la molécule,
électriquement neutre, un dipôle permanent. c'est la cas de l'eau,
par exemple.
Sur d'autres molécules, le nuage électronique
est symétrique, ces molécules sont neutres et apolaires. Cependant,
le champ créé dans leur voisinage par une charge ou un dipôle permanent,
provoque une modification de leur répartition électronique qui
se traduit par la formation d'un dipôle induit. Ils se créent ainsi
des forces appelées forces de Debye.
A priori, en absence d'un champ perturbateur, les molécules apolaires
ne devraient pas agir entre elles. En fait, la mobilité du nuage électronique
entraîne la formation de dipôles (dits instantanés) qui suffisent
à créer des interactions électrostatiques ; ce sont les
forces de London. Ces forces sont actives sur des distances très courtes.
Ce sont elles qui assurent la cohésion entre les chaînes paraffiniques
des phospholipides entre elles ou avec les cycles saturés du cholestérol.
| C'est un type particulier de liaisons qui met en jeu, à la fois des interactions dipôle-dipôle et dipôle-charge. elle interveint entre un atome d'hydrogène lié à un atome électronégatif (N, O) et un autre atome électronégatif situé à proximité. La liaison hydrogène est directionnelle. Elle joue un rôle prépondérant dans le maintien des structures secondaires des protéines. |
| Lorsque un groupement apolaire ou une molécule non polaire est mis dans l'eau, il (elle)s'entoure de molécules d'eau. Ces dernières forment une cage appelée 'clathrate". |
| Les molécules (ou groupes) apolaires ont tendance à se regrouper pour minimiser les perturbations que leur présence crée dans l'eau. Des molécules d'eau sont ainsi libérées parce que la cage formée pour entourer le groupe de molécules demande la participation d'un nombre plus faible de molécules d'eau que chaque cage individuelle : l'entropie de l'eau augmente. Le regroupement des molécules hydrophobes est donc un processus thermodynamiquement favorable. Ce phénomène est appelé effet hydrophobe. L 'effet hydrophobe est à l'origine de la cohésion des systèmes membranaires. |
Problèmes expérimentaux
Extraction des lipides
Les lipides sont des composés insolubles dans l'eau et solubles dans les solvants organiques. Les lipides membranaires couvrent une large gamme de polarité. Le cholestérol est hydrophobe, les phospholipides sont davantage polaires et les glycolipides ont une partie constituée de résidus glucidiques très hydrophiles.
Les lipides lorsqu'ils sont insaturés (mono mais surtout polyinsaturés) sont facilement oxydables. Les réactions d'auto-oxydation sont des réactions en chaîne qui peuvent être empêchées par la présence d'agents antioxydants tels que l' hydroxytoluène butylé (BHT) ou l' hydroxyanisole butylé (BHA). L'ajout d'un antioxydant est nécessaire pour le stockage des lipides après isolement.
Les membranes peuvent contenir des phospholipases qui hydrolysent les liaisons esters des phospholipides. Les phospholipases sont souvent activées par les ions calcium. La présence d'un agent chelatant (EDTAou EGTA) dans la fraction membranaire permet de limiter l'action des phospholipases.
Les méthodes d'extraction sont basées sur
l'utilisation de solvants organiques purs ou en mélange. Toutes les techniques
commencent par un traitement des membranes par un solvant ou un mélange de solvant(s) organique(s)
qui dénature(nt), précipite(nt) les protéines et solubilise(nt)
les lipides.
Les méthodes classiques sont connues sous le nom de "Méthode
de Folch et al." et "Méthode de Bligh & Dyer".
Ces méthodes impliquent l'addition d'un mélange de solvants organiques
et d'eau (chloroforme/méthanol/eau) à l'échantillon, de
sorte qu'une phase homogène (une seule phase) soit obtenue. On ajoute
ensuite une solution aqueuse saline pour obtenir 2 phases (une phase inférieure organique et une phase supérieure aqueuse). Les phases sont ensuite séparées
par centrifigation ou par décantation.
Dans le cas des membranes contenant des gangliosides, on les retrouve dans la phase supérieure aqueuse.
Les composés lipidiques (autres que les gangliosides)
sont dans la phase organique inférieure.
Séparation et purification des lipides
Les différentes classes de lipides peuvent être
séparées par chromatographie préparative sur colonne d'acide
silicique ou d'alumine.
La chromatographie sur couche mince (CCM) de gel de silice permet de séparer
les lipides lorsqu'ils sont en faible quantité.
Les éluants utilisés pour la chromatographie
dépendent de la polarité de la classe de lipides.
Chromatographie sur couche mince
| Chaque classes de lipides est séparée en utilisant des systèmes de solvants adaptés. Selon la composition de l'éluant, on obtiendra différents résultats de séparation. |
La révélation des
lipides sur les plaques fait appel à des techniques de coloration
générales ou spécifiques.
La chromatographie bidimensionnelle des phospholipides sur couche mince donne d'excellents résultats de séparation. |
![]() |
L'élution de la plaque se fait d'abord dans le sens 1 est par le mélange de solvants : chloroforme :méthanol : ammoniaque 7M( 65 : 30 : 4, v/v). Détection par pulvérisation d'acide sulfurique 50% et chauffage à l'étuve à 200°C. |
Chromatographie liquide à
haute pression (HPLC) pour séparer
les phospholipides
Dans le procédé en phase normale, les phospholipides sont séparés
en fonction de leur polarité.
Dans le procédé en phase reverse (la colonne est alors la phase
non polaire), les phospholipides sont séparés en fonction de la
longueur de chaîne et du degré d'insaturation.
Chromatographie en phase gazeuse pour identifier les résidus acyl
Les fonctions ester sont hydrolysées et les acides gras sont méthylés avant le passage sur colonne. Les acides gras méthylés sont plus volatiles.
Dans ce procédé , la phase stationnaire est constituée par les fines particules d'adsorbant (particules de silice) entourées par un solvant (une cire qui entoure les particules de silice et qui est liquide à la température opérationnelle de chromatographie : 250°C). La phase mobile est un gaz (en général, l'argon). Les acides gras sont identifiés en fonction de leur temps de rétention sur la colonne par comparaison avec des composés standard commerciaux |
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|
Spectrométrie de masse couplée à la CPG ou à HPLC
Dosage des lipides
Problèmes expérimentaux
Si l'isolement des protéines extrinsèques (périphériques) ne pose à priori pas de problèmes techniques majeurs, puisque ces protéines sont libérées par modification du pH du milieu ou de sa force ionique, la question de leur décrochage inopiné au cours des procédés de purification des membranes (avant analyse) est néanmoins posée.
La purification et la caractérisation des protéines
intrinsèques nécessite la destruction de la structure native de
la membrane et le problème majeur est alors de s'assurer que la fonction
de la protéine et ses propriétés ne sont pas définitivement
altérées au cours du processus de solubilisation.
La définition du critère de solubilisation
est également un point à considerer. On se base sur la vitesse de sédimentation : 10 6 g.min ,
10 7 g.min ?
Un critère souvent utilisé est le fait
qu'une protéine soit dans le surnageant après une centrifugation
à 105 000g pendant 1 heure.
Méthodes générales de solubilisation des protéines
Modification du pH
Les protéines extrinsèques peuvent être décrochées par des traitements à des pH éloignés du pH physiologique : par exemple pH 3 à 5 ou pH 8 à 12.
Modification de la force ionique
La force ionique du milieu peut être augmentée (concentrations salines de 0.15 M à 0.5 M) ou diminuée (0.1 à 1 mM EDTA) pour libérer des protéines faiblement liées par interactions électrostatiques à la membrane.
Addition d'agents chélatants (EDTA, EGTA)
La présence de chelatants des ions calcium ou magnésium permet de décrocher certaines protéines extrinsèques : en principe, il s'agit de protéines riches en résidus aspartyl ou glutamyl. EDTA ou EGTA sont souvent présents dans les divers milieux d'extraction.
Agents chaotropiques
Ce sont des composés organiques comme l'urée (6 M) ou la Guanidinine-HCl (6M) ou des ions inorganiques comme Cl-, Br- ... qui "déstructurent" l'eau et réduisent les attractions apolaires en milieu aqueux. Les agents chaotropiques peuvent être ajoutés à des milieux de solubilisation contenant des détergents.
Détergents
Les détergents sont les principaux agents de solubilisation
utilisés pour extraire les protéines membranaires. Les détergents
ont une nature amphiphile qui mime l'action des phospholipides autour des protéines
intrinsèques. Ils permettent d'extraire les protéines sans modifier
irréversiblement leurs propriétés.
Il existe différentes classes de détergents :
Méthodologie d'extraction des protéines membranaires
Utilisation du Triton X-114 pour séparer protéines extrinsèques et protéines intrinsèques
Le Triton X-114 est un détergent non ionique avec
un caractère hydrophobe marqué.
| La préparation de membranes est dissoute dans du Triton X-114 à basse température. Le Triton X-114 se fixe sur les protéines intrinsèques en remplacement des lipides. Les protéines extrinsèques, plus hydrophiles, ne réagissent pas avec le Triton X-114. La température est augmentée pour dépasser le "point trouble" qui se situe à 25°C pour ce détergent ; il se produit une séparation de phase : la phase inférieure à un aspect huileux , elle est riche en détergent et contient les protéines intrinsèques alors que les protéines extrinsèques sont dans la phase aqueuse supérieure qui contient peu de détergent |
| . |
Les protéines intrinsèques isolées dans la phase inférieure peuvent être dénaturées par l'excès de détergent car la concentration du Triton X-114 est importante.
Solubilisation des protéines périphériques :
Identification des protéines ancrées grâce au phosphatidylinositol (protéines GPI)
Les protéines GPI peuvent être libérées dans le milieu par 2 voies :
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|
|
Identification des protéines conjuguées aux lipides
Les lipides d'accrochage peuvent être l'acide myristique (C 14:0), l'acide palmitique (C16:0), le farnésol (C15) ou le geranyl-geranol (C20).
| Le myristate est fixé covalemment au N-terminal de la glycine. Le palmitate est attaché à la cystéine. Les polyisoprénoïdes sont liés à la cystéine dans la séquence CAAX à l'extrémité C terminale (A est un résidu aliphatique). Après prenylation, le fragment C terminal AAX est clivé. La fonction carboxylique de Cys est méthylée. La prenylation est faite avec farnesyl si X est Ala, Met ou Ser. Si X est Leu ou Phe, c'est géranyl-genaryl qui intervient. |
Centrifugation
A l'étape de séparation des protéines, la technique de centrifugation va essentiellemnt servir à discriminer protéines solubilisées (protéines extrinsèques obtenues après un traitement salin par exemple) de protéines insolubles de la fraction membranaire. Le critère de séparation habituellement retenu est : après une centrigugation à 105 000 g pendant 60 min , les protéines solubles sont dans le surnageant.
Dialyse
La dialyse à l'équilibre peut permettre d'éliminer les ions présents dans le milieu d'isolement et elle est parfois utilisée pour éliminer les détergents employés pour la solubilisation. L'efficacité de la dialyse pour éliminer le détergent dépend à la fois de la concentration micellaire critique (CMC) et de la masse molaire des micelles formées par le détergent. Pour que le détergent puisse traverser la membrane à dialyse, il faut qu'il soit sous forme libre donc en dessous de la CMC. Si les micelles formées ont une masse molaire importante, elles resteront dans le sac à dialyse avec le complexe détergent-protéine.
L'élimination du détergent entraîne
souvent une agrégation et une précipitation des protéines.
Il est possible d'atteindre plus rapidement l'état d'équilibre
de la dialyse en plaçant une substance absorbante dans le compartiment
extérieur. Par exemple, l'élimination du sodium dodécylsulfate
(SDS) sera favorisée en ajoutant une résine échangeuse
d'ions dans le compartiment externe.
Techniques chromatographiques
Les techniques chromatographiques classiques (échanges d'ions, gel exclusion) peuvent être utilisées. La chromatographie d'affinité est utilisée dans des cas où un ligand spécifique de la protéine peut être gréffé sur une résine.
Electrophorèse sur gel de polyacrylamide des protéines-SDS (SDS-PAGE)
L'électrophorèse est réalisée dans un gel de poyacrylamide contenu entre 2 plaques de verre. Le gel est constitué par 2 couches superposées : un gel de concentration (stacking gel) à pH 6.8 et un gel de séparation (resolving gel) à pH 8.8.
Quand les protéines membranaires sont solubilisées à l'aide du SDS, le détergent entoure la protéine et masque bien évidemment la charge électrique de la protéine en la remplaçant par sa propre charge négative. Il se fixe en moyenne 1.4 g de SDS par g de protéines. Ce n'est donc plus la charge électrique nette de la protéine qui intervient dans la séparation, pas plus d'ailleurs que la charge négative portée par le complexe SDS-protéine, mais la taille moléculaire du complexe (le rayon moléculaire réel du complexe).
Le mercaptoéthanol est souvent présent avec le SDS dans le milieu de solubilisation de l'échantillon comme réducteur pour rompre les ponts disulfure.
La concentration de l'acrylamide (+ bis-acrylamide), les monomères utilisés pour la préparation du gel par polymérisation détermine le domaine de résolution (sur la base de la taille) pour la séparation des protéines
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Acrylamide + bis-acrylamide (% p/V)
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domaine de séparation optimal (MM des protéines)
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3-5
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> 100 000
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5-12
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20 000 - 150 000
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10-15
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10 000 - 80 000
|
|
>15
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< 15 000
|
Après l'électrophorèse la détection des bandes se fait par coloration avec le bleu de Coomassie, avec la coloration à l'argent, avec le colorant acide periodique-base de Schiff pour les glycoprotéines ou encore par détection de radioisotopes.
Western blotting ou immunoblotting
Il s'agit d'une methode de détection trés sélective pour une protéine donnée et d'une très grande sensibilité. Le gel d'électrophorèse est mis en contact avec une matrice (membrane) de transfert et un courant perpandiculaire au système est appliqué pour permette un déplacement des protéines du gel vers la membrane de nitrocellulose. On fixe alors un anticorps (anticorps primaire) sur la protéine étudiée. L'anticorps fixé est détecté à l'aide d'un anticorps secondaire coloré, fluorescent ou radioactif.
Isoélectrofocalisation (IEF) et électrophorèse bidimensionnelle
Dans l'isoélectrofocalisation, les protéines sont séparées dans un gel à large pore dans un gradient de pH en fonction de leur point isoélectrique. Le gradient de pH est obtenu en mélangeant des "ampholytes" de point isélectrique connu.
L'isoélectrofocalisation se réalise dans des tubes contenant le gel ou sur des bandes étroites de gel. Après l'opération, la bande de gel (ou le boudin) est transférée au sommet d'un gel d'électrophorèse , elle est placée perpandiculairement à la direction du courant. La deuxième opération est une électrophorèse sur gel de polyacylamide en présence de SDS.
C'est une technique très résolutive : on peut séparer jusqu'à 70 protéines à partir de membrane plasmique d'hépatocytes.
Le dosage des protéines est un élement
essentiel dans les méthodes analytiques parce que, d'une part il est nécessaire
de connaître avec précision la quantité de protéines
récupérées à chaque étape de purification
et que d'autre part, de nombreux résultats d'analyse sont exprimés
ou de nombreuses conditions d'expérience sont définies par mg
de protéines.
Les techniques de dosage sont des techniques colorimétriques
simples. La difficulté tient aux interférences qui peuvent être
introduites par les produits chimiques nécessaires à l'isolement
des protéines ou à leur purification.
| Méthode | Sensibilité en mg de protéines dosées | Type de méthode | Variation en fonction de la composition en acides aminé | Commentaires (-) ou (+) |
| Absorbance à 280 nm | 0.05-2 | non destructive | importante |
(-) Interferences en UV avec de nombreux composés |
| Biuret | 0.05-5 | destructive | faible |
(-)Emploi de soude concentrée |
| Lowry | 0.05-0.5 | destructive | modérée |
(-) Nombreuses interférences |
| Bradford | 0.01-0.05 | destructive | modérée | (-) Emploi d'acide concentré (-) Adsorption du colorant sur le verre (+) Rapide |
| BCA | 0.005-0.05 | destructive | modérée | (-) Incubation longue (-) Chauffage nécessaire |
Techniques d'étude de la structure des protéines
Détermination de la masse molaire
|
Echelle de polarité servant à identifier les résidus
aminoacyl transmembranaires |
||||||||||||||||||||
| Résidu | Phe | Met | Ile | Leu | Val | Cys | Trp | Ala | Thr | Gly | Ser | Pro | Tyr | His | Gln | Asn | Glu | Lys | Asp | Arg |
|
DG de transfert
|
15.5 | 14.3 | 13.0 | 11.8 | 10.9 | 8.4 | 8.0 | 6.7 | 5.0 | 4.2 | 2.5 | -0.8 | -2.9 | -12.6 | -17.2 | -20.2 | -34.4 | -37.0 | -38.6 | -51.7 |
Glycolipides
Extraction
L'extraction des glycolipides se fait par le mélange {chloroforme / méthanol (2/1, v/v) + 0.2 vol de KCl 0.1 M}. Il se forme 2 phases. Les gangliosides sont dans la phase aqueuse supérieure, les autres glycolipides (neutres ou portant une charge) sont dans la phase organique inférieure.
Les glycolipides présents dans la phase inférieure doivent être acétylés pour pouvoir être séparés des autres classes de lipides (cholestérol et phospholides). L'acétylation va augmenter le charactère hydrophobe du glycolipide. Après acétylation (par l'anhydride acétique dans la pyridine), les lipides de la phase inférieure sont séparés sur une colonne de florisil et élués par des solvants de polarité croissante. Le cholestérol est élué en premier, suivi par les glycolipides puis par les phospholipides.
Les techniques d'extraction des gangliosides sont variables selon les besoins : par chromatographie en phase reverse ou sur colonne de DEAE-Sephadex.
Séparation et analyse
Le fractionnement se fait par chromatographie sur couche mince avec le mélange CHCl3/ CH3OH / 0.5% CaCl2 (60:40:9 v/v/v) comme éluant. La détection sur les plaques se fait en pulvérisant un réactif à l'orcinol (0.2% dans H2SO4 2 M) . L'orcinol est un colorant des glucides. La coloration se manifeste après chauffage à 120°C.
Glycoprotéines
Extraction et séparation
A partir d'un extrait protéique brut, le passage sur une colonne de chromatographie d'affinité sur laquelle sont greffées des lectines permett de séparer et de concentrer les glycoprotéines sur la base de la composition de leur partie glycosylée.
Après l'étape de chromatographie d'affinité, il est courant de faire une filtration sur gel ou un échange d'ions pour les glycoprotéines chargées.
Séparation des chaînes oligosaccharidiques
Les chaînes oligosaccharidiques sont détachées chimiquement (hydrazinolyse) ou enzymatiquement par une N-glycosidase pour les liaisons N-glycosidique ou par une O-glycosidase pour les liaisons O-glycosidique.
L'analyse de la séquence de la chaîne oligosaccharidique
peut se faire par spectrographie de masse ou /et RMN, mais peut aussi se faire
par traitement enzymatique d'hydrolyse spécifique par des glycosidases
appropriées ( sialidase, a-D-galactosidase,
b-D-galactosidase, a-D-mannosidase...)
Caractéristaion et quantification des oses
Il existe un panel de réactions colorées
plus ou moins spécifiques pour doser les sucres totaux (réactif
à l'anthrone) ou les oses (orcinol) ou leurs dérivés.